De nombreuses personnes éprouvent de la fascination pour les femmes trans. Cela est hélas accompagné de malentendus. Le sujet devient particulièrement délicat dans la sphère intime. Leur sexualité est très souvent vue sous le prisme du fantasme. Il s’agit concrètement de clichés simplistes et réducteurs. Et cela a des conséquences graves, notamment la déshumanisation des femmes trans et la difficulté à tenir leurs relations amoureuses. À travers cet article, nous allons désarticuler ces fausses idées. Pour ce faire, nous prenons en exemple cinq idées reçues majeures.
Une femme trans est « finie » uniquement après l’opération
Il s’agit d’une affirmation complètement inexacte. Savoir que quelqu’un a subi une opération de chirurgie n’est pas une condition sine qua non pour le reconnaître comme une femme trans. L’identité de genre est la référence majeure. Autrement dit, vous n’avez pas besoin de vous en tenir aux attributs physiques pour déduire qui est une femme ou qui ne l’est pas. Cela ne dépend pas de la chirurgie d’affirmation de genre (CAG). Une personne qui se revendique comme une femme trans est une femme, point final.
L’identité de genre est avant tout une conviction intérieure. Quant à la dysphorie de genre, c’est un malaise constant lié au décalage corporel. Elle ne fait pas l’identité elle-même.
Il existe une variété de trajectoires. Un grand nombre de femmes trans font par exemple le choix de ne pas subir de CAG. Leurs raisons sont multiples. Elles peuvent être d’ordre personnel, médical ou financier. Cela dit, ce choix qui concerne leur corps à elles seules est légitime. Il ne doit pas être mis en cause, car il n’entame en rien leur identité féminine.
Le fantasme du « secret » revêt une toxicité dévastatrice. Il occasionne la pression sociale, et cette pression pousse les femmes à se sentir « incomplètes ». Cela peut même les amener à se « cacher ». Ce jugement est très proche de la transphobie. Il définit une norme arbitraire sur ce que doit être un corps de femme.

Les femmes trans n’attirent que les hommes hétérosexuels qui « expérimentent »
C’est une déformation grotesque de la réalité. Les femmes trans peuvent être de toutes les orientations sexuelles possibles. En d’autres termes, elles peuvent être attirées par des hommes tout autant qu’elles peuvent aimer des femmes. Elles peuvent également avoir une préférence pour les personnes non-binaires. Elles pourraient aussi être pansexuelles ou bisexuelles. Leurs désirs ne sont pas déterminés par leur identité de genre.
Il faut par ailleurs cerner tous les contours de la transphobie intériorisée. Plusieurs personnes se dispensent en effet de relations avec des femmes trans car elles craignent le jugement social. Elles vivent la stigmatisation extérieure. Cela peut concerner des hommes gays ou des femmes lesbiennes. Pourtant, l’attirance est bien présente, mais elle est systématiquement vaincue par la peur du jugement social.
C’est la raison pour laquelle les partenaires sont aussi divers que les femmes trans elles-mêmes. Elles ont généralement des vies sexuelles et/ou amoureuses épanouies. On peut ainsi déduire que la relation amoureuse ne se résume pas à un « statut trans ». Elle se caractérise par l’amour, le respect et la compatibilité. Ce n’est jamais une simple question d’ »expérimentation ».
La sexualité des femmes trans est toujours axée sur les organes génitaux
C’est une focalisation abusive et fausse. Elle nie la globalité du corps comme zone érogène. En effet, le plaisir ne se réduit pas aux parties génitales. Les seins, la peau, la bouche, tout est source de plaisir. Et ce plaisir n’est pas « fini » ou incomplet sans la CAG.
De manière plus concrète, les hormones jouent un rôle de grande portée. L’hormonothérapie substitutive apporte des modifications au corps. Elle a une action sur la peau et la libido. Elle métamorphose les tissus et les zones érogènes. Le corps est sans cesse en évolution. Le plaisir est remodelé de manière constante. La sensibilité est la plupart du temps intensifiée.
Il est également important de noter que l’exploration du BDSM et des fétiches, qui relève d’une démarche individuelle universelle, ne saurait être considérée comme une norme propre aux femmes trans.

Les femmes trans sont toutes des dominatrices ou des performeuses nées
Ce stéréotype est issu de l’hypersexualisation médiatique. On le constate souvent dans la pornographie. Les femmes trans y sont en effet réduites à certains fantasmes spécifiques. Ce mythe leur dénie toute individualité.
Or, la thématique du désir et de l’intimité relève de l’intime. Les préférences et habitudes sexuelles d’une femme trans sont variées, comme pour toutes les femmes. Certaines choisiront un rôle passif quand d’autres aimeront être actives. Certaines sont avant tout à la recherche de l’intimité douce. La performance n’est donc pas une nécessité.
Le mythe des femmes trans qui sont toutes des dominatrices ou des performeuses nées sert juste à exercer une sorte de pression et d’objectification. Il contraint subtilement à la performance sexuelle. Ainsi, on ne les voit plus comme des personnes, mais des corps dont le but est de satisfaire un fétiche.
Les relations avec les femmes trans sont forcément compliquées ou temporaires
Il s’agit là d’un mythe qui persiste malgré les années qui se succèdent. Ce qu’il est cependant important de noter, c’est que la réalité de l’amour et celle du couple sont distinctes. En clair, les femmes trans ont la capacité d’être dans des relations amoureuses stables. La complication provient la majeure partie du temps de la stigmatisation sociale. Elle n’est jamais issue de la relation en elle-même.
En conclusion, nous nous sommes évertués à déconstruire cinq idées reçues. La chirurgie n’est pas un impératif ; la sexualité n’est pas censée être limitée. Le plaisir ne s’obtient pas seulement à partir des organes génitaux. Les femmes trans ne sont pas toutes des dominatrices. Enfin, leurs relations amoureuses ne sont nullement condamnées à être compliquées. Notre message de fin est donc un plaidoyer pour une approche de la sexualité plus simple. Elle doit se baser sur l’individu. Elle doit tenir absolument compte du consentement et de la communication. La sexualité des femmes trans doit être une question d’humanité et de désir. Si cela n’était pas le cas auparavant, nous vous invitons alors à changer de perspective. Vous devez vous concentrer sur la personne dans son entièreté. Ne réduisez aucune femme trans à des fantasmes !







