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No Nut November : 30 jours sans jouir, 100 % de testostérone (et un peu de tension)

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Chaque automne, une armée d’hommes se lance dans un défi un peu particulier : tenir un mois sans éjaculer. Le « No Nut November » (ou NNN pour les initiés) serait censé booster la concentration, l’énergie, la confiance et même l’aura masculine.

 

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Vraiment ? Ou juste une excuse de plus pour parler de sexe sans en faire ?

 

Le concept (et un peu d’histoire)

Tout commence en 2011 sur Reddit — cette immense foire numérique où l’on trouve aussi bien des tutos de plomberie que des théories sur les aliens. Un utilisateur lance le « No Nut November Challenge » : 30 jours sans « nut » (littéralement « sans noix », mais en argot, « sans éjaculer »).
L’idée, à l’origine, était une blague entre geeks, un jeu de volonté dans la lignée des « Dry January » ou « Sober October ». Sauf qu’ici, le sevrage ne concerne pas l’alcool, mais… le plaisir solitaire.

Rapidement, le mouvement se propage sur les réseaux sociaux, récupéré par des communautés en quête de « self-control » et parfois, disons-le, de virilité old school. Pour certains, le NNN devient une forme de « purge énergétique masculine » censée recentrer les hommes sur leur puissance, leur productivité et leur discipline. Un genre de moine 2.0, version smartphone.

 

Les promesses : énergie, focus et virilité retrouvée

Les partisans du NNN affirment que l’abstinence libère une énergie incroyable. Moins de « fuites », plus de concentration. Certains parlent même d’une montée de testostérone et de créativité.

Un petit problème : la science, elle, est un peu plus tiède. Comme moi quand la personne en face de moi m’ennuie légèrement…

Une étude publiée dans The Journal of Zhejiang University (2003) a observé que les taux de testostérone chez 28 hommes augmentaient de 145 % après sept jours d’abstinence, avant de revenir à la normale. Donc oui, il y a un petit « boost »… mais il est temporaire.

D’autres recherches, menées par l’Université d’Ottawa, ont montré que la masturbation régulière pouvait au contraire réduire le stress et améliorer le sommeil.

Bref, ni l’un ni l’autre n’a le monopole du bien-être : c’est plutôt une question d’équilibre et de rythme personnel.

Mais il faut reconnaître que l’idée du défi a un charme : se priver pour se reconnecter. Reprendre le contrôle de son désir, se rappeler qu’on peut aussi canaliser cette pulsion, c’est une expérience en soi. Et puis, soyons honnêtes : tenir une semaine sans craquer, ça donne un petit côté super-héros.

 

Le revers du slip : frustration et syndrome du moine nerveux

Parce que oui, tout n’est pas zen dans le monde du NNN. À force de « retenir », certains découvrent un effet secondaire inattendu : l’obsession.

Le paradoxe est amusant : plus on veut éviter d’y penser, plus le cerveau s’y accroche. Un peu comme quand on te dit « ne pense pas à un ours blanc » — tu vois quoi ? Exactement.

Psychologiquement, la privation crée un effet de manque. Le système de récompense dopaminergique — celui qui gère le plaisir et la motivation — se dérègle.
Résultat : irritabilité, perte de concentration, et parfois, rêve érotique en Dolby Surround.

Des chercheurs de l’Université de Hambourg ont d’ailleurs montré que l’activité sexuelle régulière favorise une meilleure régulation émotionnelle. Autrement dit, bloquer tout ça, c’est un peu comme mettre un couvercle sur une cocotte-minute : à un moment, ça siffle.

 

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Photo Sachinbharti

 

Ce que dit la science (la vraie)

La plupart des études s’accordent sur un point : l’abstinence n’est ni miraculeuse ni dangereuse, tant qu’elle reste choisie.

  • Une publication de 2018 dans Archives of Sexual Behavior a conclu que la fréquence idéale des rapports ou de la masturbation dépend de la satisfaction ressentie, pas du chiffre.
  • Une autre étude de l’Université de Californie a observé que les hommes qui éjaculent fréquemment (jusqu’à 21 fois par mois) auraient un risque plus faible de cancer de la prostate.
  • Et, côté cerveau, l’absence d’orgasme prolongée ne provoque aucune « explosion de testostérone durable », contrairement à ce que prétendent certains forums.

En résumé : se retenir ne te transforme pas en surhomme. Mais te reconnecter à ton désir, oui.
Le vrai bénéfice du NNN, c’est de reprendre conscience de ton rapport au plaisir, de sortir du pilote automatique.

 

Abstinence ou maîtrise ? La vraie question

Le problème, ce n’est pas d’éjaculer. C’est de ne plus savoir pourquoi on le fait. Le NNN, pris au premier degré, peut vite virer à la performance inutile. Mais pris comme un mois d’observation, c’est intéressant.

On se rend compte à quelle fréquence on agit par réflexe : stress, ennui, habitude, scroll trop long sur Instagram. Et en mettant une pause, même temporaire, on apprend à distinguer désir et décharge. C’est là que le jeu devient sexy. Parce qu’un homme qui maîtrise son envie, ce n’est pas un moine : c’est un stratège du plaisir. Il sait attendre, faire durer, savourer. Et spoiler : les femmes adorent ça.

Le No Nut November n’a pas à être une punition. C’est un prétexte — un terrain d’expérimentation entre ton corps et ton mental. Tu peux l’interpréter comme un reboot : rééquilibrer ton rapport à la sexualité, redonner du sens à ce que tu ressens, retrouver la fameuse tension érotique qu’on perd parfois à force de tout décharger trop vite.

 

Et si tu craques ?

Rien de dramatique. Ce n’est pas un concours de chasteté : c’est une expérience. Ceux qui tiennent le mois entier ne gagnent rien, si ce n’est un ego un peu gonflé (et quelques fantasmes non réglés).

Mais ceux qui lâchent en cours de route apprennent souvent plus : ce qui les excite, ce qui les apaise, ce qui leur manque vraiment. Et ça, c’est de la donnée précieuse pour la suite.

L’objectif n’est pas de “tenir”, mais de reprendre conscience de la mécanique du plaisir. De transformer un automatisme en choix. Et ce simple changement de posture, ça, c’est sexy.

 

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Mot de la fin

Ne te mets pas la pression, mets-toi juste à l’écoute. Le No Nut November n’est ni une religion ni un sport extrême : c’est un miroir. Si tu veux t’y frotter, fais-le avec curiosité, pas avec honte. Si tu veux jouir, fais-le avec conscience, pas par réflexe. Et si tu tiens tout le mois, bravo. Mais si tu craques le 3 novembre à 23 h 42… eh bien, dis-toi que tu viens simplement de célébrer la vie. 

XLoveCam n’est pas responsable du contenu du blog qui est déclaré être écrit par une partie externe.

 

A propos de l'autrice

Pamela Dupont

En écrivant sur les relations et la sexualité, Pamela Dupont a trouvé sa passion : créer des articles captivants qui explorent les émotions humaines. Chaque projet est pour elle une aventure pleine de désir, d'amour et de passion. À travers ses articles, elle cherche à toucher ses lecteurs en leur offrant des perspectives nouvelles et enrichissantes sur leurs propres émotions et expériences.

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