
Parler de fétichisme est encore tabou. Mais doit-il l’être dans le couple ? Doit-on vraiment tout partager quand on partage sa vie avec quelqu’un ? Ou vaut-il mieux garder son jardin secret ? Il est vrai que toutes les particularités d’un individu sont plus ou moins acceptées par le.a partenaire. Alors, doit-on dire à sa moitié qu’on aime des choses bien spécifiques pour être excité sexuellement ? Le fétichisme est-il nuisible pour le couple ?
Il y a toutes sortes de fétiches. Dans les plus courants, de nombreux hommes aiment particulièrement la lingerie, les talons aiguilles ou une paire de menottes. Pour certains, cela passe inaperçu ou peut être considéré comme un signe d’affection, pour d’autres, cela peut effrayé votre conjoint.e. Alors qu’est-ce qui fait qu’une chose vous excite particulièrement ? Et devez vous vous en inquiétez ? Surtout si vous êtes en couple ?
Le fétichisme sexuel est avant tout un fantasme masculin
Sans surprise, c’est surtout chez les hommes qu’on retrouve cette petite manie. À se demander si les accessoires que portent les femmes (que ce soit du maquillage, des bijoux, de la lingerie, …) ne les protègent de ce genre d’obsession. Cependant, comme nous l’avons vu dans un précédent article, nous sommes tous plus ou moins fétichistes.
Rappelez vous, enfant, vous aviez peut-être déjà un doudou ou un jouet préféré. C’est dans ces jeunes années que s’ancrent nos fétiches. Et on les retrouve adulte de différentes manières. Par exemple, vous adorez ses lèvres quand elle sourit ou vous aimez son gémissement quand vous la baiser. Ou encore vous adorez ses pieds et vous lui volez ses bas. Bref, les exemples sont multiples.
Inconsciemment, on donne à ces objets une espèce de pouvoir magique qui nous permet de nous sentir rassurés ou excités. Lorsqu’on est fétichiste, on a besoin de passer par un objet intermédiaire pour atteindre l’apogée.
Un fétiche à la fois
Enfin, plus ou moins. Généralement, le fétichiste n’a qu’un objet de désir qui surpasse tous les autres. Mais il peut y avoir des exceptions. Cependant, la majorité ressent une attraction plus ou moins exclusive. Pour ceux qui ont des manies plutôt « soft », on retrouve les grands classiques des bas, des gros seins ou des grosses fesses. Ici, cela passe plutôt inaperçu et est plutôt bien accueilli par la gente féminine.
Là où cela peut devenir gênant, c’est lorsque cela tourne à des obsessions plus embarrassantes comme un membre amputé, de l’obésité, ou qu’elle doive porter quelque chose en particulier. L’imposer à vos partenaires n’est pas toujours le plus évident, et cela peut blesser ou frustrer l’autre.
C’est à ce moment là que l’on parle de déviance. Lorsque la partie du corps fétichisée retient entièrement son attention et se substitue à l’organe sexuel de la partenaire : l’objet du culte devient l’unique moyen d’atteindre l’orgasme et la pénétration s’avère impossible.
Les racines de l’enfance
« On revient toujours à ses premières amours », disait Alfred Binet. Ce célèbre psychologue français fut le premier à sortir le terme fétichisme du champ de la religion (où il désignait l’adoration d’objets fétiches, censés être dotés d’un pouvoir), pour l’utiliser dans le domaine de la sexologie. Dans un article de 1887, il décrit, en effet, un fétichiste du bonnet de nuit, dont les premiers émois sexuels à l’âge de 5 ans, étaient liés à la vision de sa mère avec cette coiffe. Binet en déduit que le fétichisme s’enracine dans une expérience infantile.
Freud complètera cette réflexion sur la base de ses travaux en y ajoutant une explication. Cette scène marquante de l’enfance renvoie directement à l’angoisse de castration. Pour bien comprendre, cela renvoie à la première fois où un garçon voit un sexe féminin et transfère cette absence de pénis sur un objet inanimé présent au même instant. Le fétiche prendrait alors la place du phallus manquant de la femme avec laquelle on est en osmose, dans l’inconscience de l’enfant.
Que cette théorie soit juste ou pas, le fétichisme serait quand même bien lié à un souvenir d’enfance marquant. Il s’accroche à une sensation amoureuse ou forte liant la mère (ou la femme présente à cette instant, la nounou marche bien) et un objet présent à ce moment là. D’où cette fixation du désir sexuel sur le contact ou la vue d’une partie du corps, ou encore d’un objet.
De multiples variations
Il serait impossible de vous lister toutes les déclinaisons de fétichisme tellement il y en a. Après, il y en a qui sont plus « populaires » comme les pieds, les seins, les chaussures (bottes, talons, … ), la lingerie (bas, culottes sales, corset, … ), les jambes, un parfum, le cuir, … On peut imaginer que c’est généralement ce que voit un enfant de sa mère (rappelez vous : lien enfance-fait marquant).
Pour vous expliquer un peu mieux … Certains vêtements vont rappeler le contact de la mère, d’une soeur ou de la nounou. Par exemple, le cuir ou le latex peuvent être associés à un autre type de peau. Il y a la soie qui rappelle la douceur de la peau, très rassurant. Tout ce qui est à poil aussi offre une sensation de chaleur et d’animalité. Bref, vous avez compris.
Vous pouvez aussi en découvrir de plus particuliers comme le sploshing (avec la nourriture), les masques à gaz, les ballons, le yiff (déguisés en peluche), … Là encore, impossible de faire une liste exhaustive de tout ce qui existe. Et ne parlons pas des plus déviantes qui peuvent être carrément illégales.
Le fétichisme est-il nuisible pour le couple ?
Ça dépend. Ça dépend déjà si votre partenaire partage votre envie ou pas. Comme je le disais, certains fétiches sont plutôt « classiques » et se fondent facilement dans les relations charnelles. Mais si vous commencez à imposer ce dernier à votre conjoint.e et que cette envie n’est pas partagée, cela devient un problème.
En effet, vous avez tendance à « objetiser » la personne, qui devient un élément de votre fantasme. Cela coupe les émotions telles l’empathie par exemple. Même si cela vous excite, ce type d’attitude a pour conséquence d’étouffer la personne aimée et son identité. Elle peut aussi, au bout d’un moment, le ressentir comme un manque de respect puisqu’elle n’est qu’un objet de désir. Et vouloir fuir cette situation, non pas pour aller voir ailleurs, mais pour respirer … À ce moment là, vous devriez peut-être demander de l’aide d’un professionnel pour travailler sur les origines de votre fétichisme et vous en défaire. Si vous tenez à votre couple …
Peut-on / doit-on se faire traiter pour cela ?
Cela dépend. Certaines n’ont pas besoin d’être prises en charge par un professionnel car elles peuvent parfaitement s’adapter dans une vie de couple. Aucun problème alors pour vivre pleinement son obsession. Il existe cependant deux cas de figures où cela peut devenir gênant.
Premier cas, si vous cherchez à imposer votre fétiche à votre partenaire dans votre couple et que celle-ci est réticente. Cela signifie que la pulsion est devenue si forte que vous ne pouvez plus vous en passer. Et en cas de refus de votre moitié, cela devient un problème.
Deuxième cas, quand votre fixation devient extrême. Je veux dire par là que votre fixation s’est radicalisée à un tel point que les relations sexuelles ne vous intéressent même plus. Dans ce cas présent, il serait bon d’envisager une thérapie. Il est vrai que cela serait plus rapide de trouver une personne qui partage votre fétiche via Internet mais une thérapie peut vous apporter un soulagement ou une forme de bien être.
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